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02 Juillet 2010
Ah, les joies de la navigation! le soleil, le bleu de la Méditerranée, la brise qui fait que le temps est moins chaud qu'à terre. Et puis surtout, oui surtout, cette déconnection du monde terrien. Pas de radio, pas de télé, pas vraiment de news: une vraie cure salvatrice, tellement nous devenons drogués à l'instantané, à l'information fulgurante qui finalement n'a aucune espèce d'importance. Bon je te mentirai, cher lecteur, en te racontant que nous sommes complètement hors monde - vu que là , je suis en train de profiter du wifi de l'hôtel où nous avons "jeté l'ancre" à notre escale de Castellon de la Plana. De là à dire que nous sommes au courant de ce qu'il se passe, il y a quand même un monde; et d'ailleurs, nous n'avons pas envie de nous tenir au courant. Lorsque nous sommes partis pour notre périple, il y avait du foot à la télé et un certain Raymond Domenech était sur le point de se faire lyncher. Cela devenait presque une affaire d'état, un scandale, une honte nationale. Bon, moi, personnellement, le ballon je le préfère ovale. Et je préfère aussi des hommes sur le terrain qui pèsent le quintal et qui se mettent de vrais tampons. Pas ces starlettes qui au moindre bobo te font un cinéma de première, simulateurs qu'ils sont.  Mais à bien y réfléchir, dans cette histoire d'équipe de France conspuée parce qu'éliminée, on peut y voir une espèce de parabole sur notre société française. Onze joueurs, adeptes du bling bling, égocentriques au possible, payés des fortunes - quasiment 5 millions d'euros mensuels pour le Onze Tricolore sur le terrain - incapables de produire collectivement, cela ne vous rappelle rien? Pour ma part, et de la minuscule cabine d'Andy, j'y vois juste un copié collé de ce qu'engendre notre société: l'égocentrisme généralisé, érigé presque comme valeur, mixé à la démesure que prend l'avoir sur l'être sans que jamais les notions de partage, d'échange et de solidarité ne soient de mise mène droit à la catastrophe, et pour le coup, à l'élimination. Finalement, les 23 gugusses millionnaires de l'équipe de France ne sont qu'un instantané, un témoignage vivant et direct de notre société. Bafouant les règles fondamentales du sport collectif qui reposent sur le don de soi et la solidarité, ils ne méritent que l'opprobre populaire.Â





